Les forêts couvrent près de 4 milliards d’hectares de la superficie émergée de la planète, mais les deux tiers sont concentrées dans 10 pays seulement : Australie, Brésil, Canada, Chine, Etats-Unis, Inde, Indonésie, Fédération de Russie, Pérou, République démocratique du Congo. Les forêts primaires — c’est-à-dire les forêts sans signes visibles d’activités humaines passées ou présentes – représentent 36% de la superficie forestière totale.
Selon le World Rainforest Movement, chaque année ce sont 15 millions d’hectares qui disparaissent.
Ce document n’est qu’une synthèse. Nous vous encourageons à lire les documents présentés en annexe, à la fin de cet article.
En Asie il ne subsiste plus que 28% de la couverture forestière dont 6% de la forêt originelle, en Afrique il ne reste que 34% de la couverture forestière dont 8% de la forêt originelle et en Amérique il subsiste 70% de la couverture forestière dont 46% de la forêt originelle.

Selon le World Resources Institute, 80% de la couverture forestière mondiale originelle ont été abattus ou dégradés, essentiellement au cours des 30 dernières années.
La déforestation est responsable de 20 % des émissions totales de gaz à effet de serre.
I Les causes de la déforestation : extension des terres agricoles, commerce du bois, agrocarburants
L’agriculture Les plantations de palmiers à huile ou le développement des cultures pour l’élevage industriel sont responsables d’une bonne part de la déforestation. De ce point de vue, les forêts d’Amérique du Sud sont les plus touchées. De vastes zones de forêt tropicale ont été et sont régulièrement défrichées au Brésil, en Bolivie, et au Paraguay pour faire place à la production de soja d’exportation, destinée à l’alimentation du bétail (du bœuf en particulier, utilisés par les géants de l’agroalimentaire et du hamburger) ou à la canne à sucre, utilisée pour produire de l’éthanol pour les voitures (cas du Brésil).

Selon la FAO : « La déforestation due à l’élevage extensif est une des principales causes de la perte de certaines espèces végétales et animales uniques dans les forêts ombrophiles d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud ainsi que d’émission de carbone dans l’atmosphère ».
Au Brésil, on compte 164 millions de têtes de bétail, c’est le premier exportateur mondial de viande bovine. Et la culture de soja s’étend sur 31 millions d’hectares. En 2003, les exportations de soja (vers l’Europe et les USA) ont représenté 6% du PBI du pays.
L’exploitation minière de métaux et de minéraux précieux comme l’or, les diamants, le fer, l’étain, la bauxite et l’uranium, constitue aussi une cause majeure de déboisement. L’extraction du pétrole et du gaz y joue aussi un rôle puisque de vastes étendues de forêt sont régulièrement endommagées par les forages et la pose de pipelines, sans parler des fuites régulières de pétrole.
Un cas parmi tant d’autres : Le gouvernement péruvien avait suspendu en 2007 les activités d’exploration pétrolière de la compagnie nord-américaine Barrett Resources dans une région du nord-amazonien où vivent des Indiens isolés. Or on estime que 15 groupe distincts d’Indiens isolés vivent au Pérou, tous menacés de disparition par l’exploration pétrolière et la déforestation illégale. 70 % de l’Amazonie péruvienne est aujourd’hui ouverte à l’exploitation pétrolière. En janvier 2009, Le gouvernement péruvien vient de donner le feu vert à la compagnie Perenco pour exploiter des gisements au Pérou mais la compagnie a pour le moment des difficultés à mettre son projet en place. Affaire à suivre…. (source : Survival France)
Plus récemment, à la fin du mois de février 2009, en Equateur la rupture d’un pipeline a provoqué le déversement de près de 14 000 barils de pétrole brut (soit environ 2 millions de litres) dans la rivière Santa Rosa, en pleine forêt amazonienne. La firme responsable, Oleoducto de Crudos Pesados Ecuador SA, a envoyé du personnel sur le site pour collecter le pétrole brut et tenter de limiter la pollution. Cet oléoduc est le deuxième plus grand pipeline du pays. Il permet le transit jusqu’à la côte pacifique de près de 130 000 barils/jour à travers la forêt amazonienne. L’Equateur est le 5e exportateur de pétrole au monde.
La fabrication de pâte à papier
Dans le cas du papier et du carton, la consommation mondiale a déjà dépassé le seuil de durabilité. Pourtant, l’industrie du papier vise à une augmentation de la consommation en privilégiant l’usage de papiers et de cartons d’emballage, qui représentent plus de 50 % de la production totale. L’augmentation ne vise pas non plus à produire davantage de livres ou de cahiers, mais à fabriquer davantage de produits jetables (gobelets, nappes, serviettes de papier) qui, utilisés une seule fois, vont grossir le volume de nos déchets.
Une telle consommation de papier et de carton nécessite un approvisionnement continuel d’énormes volumes de matière première bon marché. L’industrie papetière a d’abord eu recours à des sources qui paraissaient inépuisables : les forêts de l’Europe, du Japon, des États-Unis et du Canada. Mais, une fois ces zones surexploitées, l’industrie s’est donc tournée vers l’établissement de grandes plantations d’arbres à croissance rapide (eucalyptus, acacias, pins) qui ont impliqué la destruction de forêts et de prairies dans les pays du Sud (et même dans certaines régions du Nord). Ces plantations toujours en expansion sont en train de devenir la principale source de matière première pour la production de papier. Plus récemment, l’industrie a commencé à déplacer vers le Sud, à proximité des plantations d’arbres, la production de pâte, pour alimenter les papeteries situées à proximité des principaux marchés, ceux du Nord consommateur. (source : Rainforest World Movement).
A l’instar des forêts tropicales, les forêts boréales sont en régression sous la pression des industries du bois et du papier, notamment en Finlande où la puissante industrie papetière, grosse consommatrice d’épicéa et de pin, menace la survie des forêts. Des centaines de milliers d’espèces sont concernées et les répercussions se font sentir jusqu’en Indonésie…
L’exemple de la Finlande : Au coeur même d’un pays pourtant riche, au couvert forestier généreux, tel que la Finlande, l’exploitation industrielle menace la survie des dernières forêts primaires – ou forêts anciennes. Ces forêts jouent pourtant un rôle fondamental dans la survie de la biodiversité et des traditions ancestrales des peuples autochtones. Pourtant, en dépit des appels répétés des scientifiques et des écologistes, en faveur d’une protection renforcée de ces forêts, l’Etat – et par là même la puissante industrie papetière finlandaise – continue à exploiter ces habitats aussi vulnérables que rares.
Autre exemple : l’industrie papetière japonaise (mais pas seulement) est responsable de la déforestation en Papouasie Nouvelle-Guinée. (Rainforest action Network : The truth behind Tasmanian forest destruction and the japanese paper industry).
Les Agrocarburants : Depuis 25 ans, le Brésil fait figure de leader en ce qui concerne la promotion des biocarburants. Toute l’essence vendue doit être mélangée à de l’éthanol et toutes les stations services doivent aussi bien vendre de l’éthanol pur, que des mélanges à base d’éthanol. Cette autorisation de combiner les biocarburants et les carburants automobiles a été votée dans au moins 20 états et provinces du monde ainsi que dans deux pays : la Chine et l’Inde.

En France, les agrocarburants (éthanol, méthanol et biodiesel) ne sont incorporés qu’à hauteur de 1% dans l’essence et le gazole. Une coalition européenne, Biofuelwatch, a été créée pour dénoncer les effets de la production d’agrocarburants à grande échelle et protester contre les objectifs fixés par l’Union Européenne, c’est-à-dire atteindre un seuil de 10% pour les carburants d’origine végétale d’ici 2020. La France pour sa part, s’est engagée en 2005 à introduire d’ici 2010 7% d’agrocarburants, soit un objectif plus ambitieux que celui demandé par l’UE, à savoir 5.75% pour 2010.
Malgré des campagnes d’information et de grands discours, peu de choses sont réellement tentées à l’heure actuelle pour lutter contre le réchauffement climatique, de manière efficace et durable. La solution de remplacer les combustibles fossiles par des carburants d’origine végétale n’est qu’un pis-aller et ne résout absolument pas le problème de fonds. Malheureusement, les consommateurs des pays occidentaux ne semblent guère préparés à réduire de façon notable leur consommation énergétique, de même qu’à modifier leurs habitudes de transport. En Europe, et donc en France, l’automobile est reine. L’idée des gouvernements est donc de produire à grande échelle ces agrocarburants afin de permettre aux populations de conserver leur mode de vie actuel sans trop de changements. Or, l’Europe ne dispose pas des surfaces agricoles nécessaires pour produire ses propres agrocarburants en quantité suffisante. Il faudra donc se tourner vers les pays du Sud, Afrique, Amérique Latine et Indonésie pour importer la précieuse matière première.
Les dangers des agrocarburants
Pour mémoire, le soja et le palmier à huile sont les principales causes de déforestation en Amérique du sud et en Indonésie. Jusqu’à présent, le soja était destiné principalement à l’alimentation du bétail, mais puisqu’il est envisagé comme une source d’énergie, le soja risque donc de provoquer un désastre sans précédent au sein de la forêt amazonienne. Par ailleurs, l’expansion de la culture de la canne à sucre au Brésil, utilisée pour fabriquer l’éthanol, a provoqué le déplacement des cultures de soja vers des zones boisées qu’il a fallu raser. Pour le président Brésilien, cette nouvelle source d’énergie a un autre avantage, celui de présenter le soja transgénique comme une solution acceptable. Quant au palmier à huile, l’Indonésie compte bien profiter de la directive européenne pour se placer comme le premier importateur d’huile pour l’Europe. A propos d’OGM justement, n’oublions pas que le colza est lui aussi utilisé pour fabriquer les agrocarburants. Or, La Confédération des industries agro-alimentaires de l’Union européenne (CIAA) a demandé à la Commission européenne d’autoriser l’importation de nouvelles variétés de colza génétiquement modifié pour l’industrie du biodiesel... Autre inquiétude, on travaille depuis quelques années à transformer le bois en éthanol, grâce à une technique utilisant des OGM. Cela permettrait l’expansion de monocultures d’arbres à croissance rapide, un véritable fléau pour les forêts primaires et une grave atteinte à la biodiversité.
Enfin, signalons qu’un récent rapport de la FAO prévient que « Au cours de la période de projection, des volumes conséquents de maïs aux États-Unis, de blé et de colza dans l’Union européenne et de sucre au Brésil seront employés pour produire de l’éthanol et du biodiesel« , ce qui devrait entraîner une hausse du prix des »végétaux et, indirectement, des produits animaux, compte tenu de la hausse du coût des aliments du bétail...Une augmentation des prix agricoles serait particulièrement « problématique pour les pays en développement importateurs nets de denrées alimentaires et pour les populations pauvres des zones urbaines ».
Le commerce du bois Plusieurs ONG (WWF, Greenpeace, Les Amis de la terre) ont mené des enquêtes sur l’origine de différents produits (parquet, menuiserie, mobilier) vendus dans plusieurs magasins en France. Seulement 4% des produits composés de bois tropical africain comportent le label FSC, émanant des ONG et assurant une gestion durable des forêts. Troisième pays importateur en Europe, la France achèterait à hauteur de 39 % du bois tropical illégal, contribuant au « syndrome de la forêt vide » en Afrique.

II les conséquences : perte de la biodiversité, menaces pour les peuples autochtones, incidences sur le climat...
Les forêts sont sources de nourriture, de refuge, de combustibles, de vêtements et médicaments pour de nombreuses ethnies. Sans elles, ces populations perdent tout repère. La déforestation met donc en péril de nombreuses populations autochtones.
Un exemple : le Moabi
Dans le bassin du Congo vivent deux types de populations : les agriculteurs bantous qui se sont installés à la périphérie des massifs forestiers suite à des migrations, et les Bakas, populations autochtones semi-nomades (communément appelées « pygmées ») qui jusqu’à peu vivaient exclusivement en forêt et sont désormais encouragés par les programmes gouvernementaux à se sédentariser le long des routes.
Le moabi, l’un des plus grands arbres de la forêt, tient une place essentielle dans la tradition pygmée mais aussi dans la tradition bantoue. Il figure dans de nombreux chants et contes bantous.
A partir de l’écorce du moabi, les pygmées savent préparer des décoctions qui soulagent les maux de ventre ou de dos. Des enquêtes ethnobotaniques ont été conduites en 1994 et 1996 dans le cadre du programme Ecofac mené dans la réserve du Dja au Cameroun. Près de 350 espèces végétales permettent le traitement de plus de 77 maladies ou symptômes, dont le moabi, cité pour 50 utilisations différentes. Mais le moabi est surtout connu et recherché pour son huile. (source Les Amis de la Terre – le moabi arbre de vie ou de profit ?).
Un exemple positif en Amazonie :
Au cœur de l’Amazonie, dans l’Etat du Para, où le taux de déforestation est l’un des plus élevé du monde, les indiens Kayapo ont obtenu le label de gestion durable FSC (Forest Stewardship Council) pour leur forêt ancestrale. Avec près de 1,5 million d’hectares de superficie, il s’agit de la plus grande surface de forêt tropicale au monde certifiée.
L’essentiel des revenus provient de la récolte de noix du Brésil, les graines d’un arbre (Bertholletia excelsa) que l’on ne trouve que dans la forêt Amazonienne. Avec cette certification, les indiens Kayapo pourront vendre leurs produits sur les marchés mondiaux et protéger durablement leur forêt contre ceux qui exploitent le bois et le soja. (Source : Les Amis de la Terre)
Conséquences sur le climat :
Le climat mondial est aussi affecté par la déforestation. 40% du carbone terrestre est stocké dans la végétation et les sols des forêts. Lorsqu’ une forêt disparaît, le carbone qu’elle emmagasinait est en grande partie libéré dans l’atmosphère, augmentant l’effet de serre et le réchauffement de notre planète.
Un exemple : le Cambodge.
Pour Global Witness, association britannique condamnant l’exploitation des ressources naturelles, le Cambodge a perdu 29% de sa forêt primaire entre 2000 et 2005 et se place en troisième position pour son taux de déforestation, l’un des plus rapides au monde.
En Asie du Sud-Est, et notamment au Cambodge, on constate que les phénomènes d’inondations et de sécheresses sont de plus en plus courants. Les phénomènes de sécheresse sont directement liés aux pertes de massifs forestiers humides, ce qui explique en partie pourquoi la province du Ratanakiri a connu récemment plusieurs périodes de sécheresse. De manière indirecte, la disparition des forêts conduit aussi à une érosion des sols, qui se déversent dans les rivières, perturbant le milieu aquatique et provoquant des inondations. La province du Ratanakiri est peuplée de plusieurs tribus : les Kreungs, les Jaraïs et les Leus qui vivent en parfaite harmonie avec la nature. Déjà touchées par la guerre du Vietnam, ces minorités ethniques voient désormais leur milieu naturel disparaître entre feux de forêt et coupes illégales de bois.
Situées surtout en Russie mais aussi au Canada, en Alaska et dans les pays nordiques, les forêts boréales anciennes sont le lieu de vie de peuples autochtones comme les Inuit ou les Saami, d’espèces animales emblématiques comme le caribou et jouent un rôle important dans la régulation du climat mondial.
La déforestation accentue la désertification qui affecte certains pays. Le déboisement détruit également les sols, rendant les terres improductives, particulièrement en zones tropicales : sans couverture arborée, les sols naturellement pauvres, sont exposés au vent, au soleil, et à la pluie. Rapidement la couche arable est remplacée par une croûte dure et improductive. Les racines des arbres servent à la conservation des sols, à la lutte contre les avalanches et les glissements de terrain, à la stabilisation des dunes de sable et à la protection des zones de littoral.
En plus de protéger les sols, les forêts jouent un rôle essentiel dans le cycle de l’eau, qu’elles stockent et régulent. Sans forêts, il n’y aurait bientôt plus d’eau dans les rivières. Un phénomène déjà très perceptible dans beaucoup de pays, particulièrement en Afrique.
La végétation a un rôle de purification de l’air et de l’eau. Déboiser, c’est donc influer aussi sur ces paramètres.
Exemple : le café en Amérique Latine
Les cultures itinérantes telles que celles du café ont laissé derrière elles des millions d’hectares qui ne pouvaient plus être utilisés que pour des cultures moins exigeantes. A partir des années soixante, la modernisation de l’agriculture a aggravé la situation, avec l’usage excessif des pesticides. Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), au début des années 80, la superficie touchée par les processus d’érosion dépassait deux millions de km2 pour l’ensemble de l’Amérique latine tandis que 70% des terres arides productives avaient été affectées par la désertification.

La destruction des habitats forestiers pour de nombreuses espèces facilite la transmission des maladies infectieuses à l’homme, par le contact affirmé avec les moustiques, singes, rongeurs porteurs de virus ou de bactéries potentiellement dangereux pour l’homme. Tel a été le cas de l’apparition des maladies tropicales comme le paludisme, la fièvre Ebola.
La biodiversité
Les forêts tropicales contiennent près de 90% de la biodiversité de la planète. A titre d’exemple, sur 8 km2 de forêt humide, on rencontre 1500 espèces de plantes à fleurs, 750 d’arbres, 150 de papillons, 125 de mammifères, 400 d’oiseaux, 100 de reptiles et 60 d’amphibiens… sans compter la multitude d’insectes !
La planète compte environ 60 000 espèces d’arbres, mais plus de 8 000 sont menacées de disparition, soit un peu plus de 15 % du nombre total.
Des forêts de feuillus couvraient autrefois presque tout le centre et l’ouest de l’Europe. Aujourd’hui les seules forêts encore intactes du continent se trouvent au nord. En Suède et en Finlande il ne reste plus aujourd’hui que 3% des forêts anciennes d’Europe. Seuls 14% des forêts de Russie européenne sont encore intactes. Elles représentent aujourd’hui le dernier refuge de nombreuses espèces animales et végétales. Les lacs, les bords de rivière et les marécages constituent l’habitat le plus important de l’ours brun, qui peuplait autrefois l’ensemble des zones d’Europe fortement boisées, de la Scandinavie à la Méditerranée. La destruction et le morcellement de son habitat représentent des dangers croissants pour l’ours mais aussi pour la grande faune sauvage. Au moins 150 kilomètres carrés de forêt ancienne sont rasées chaque année. La végétation peut mettre des années à repousser dans les régions polaires où les étés sont courts. Elle a plus de mal que jamais à retrouver là-bas l’état originel qui était le sien dans les autres zones climatiques.
D’autres espèces animales inféodées aux forêts sont menacées : l’ours à lunettes en Amérique Latine, l’ours malais, l’orang-outang, de nombreuses espèces de lémuriens à Madagascar… la liste est longue. Voir la brochure co-réalisée avec les Amis de la Terre : http://www.aves.asso.fr/spip.php?ar...
Les insectes sont également touchés : le cas du papillon monarque.
Le papillon monarque (danaus plexippus) hiverne au Mexique dans les forêts du Michoacán. Malheureusement, la déforestation se pratique au sein de cette réserve vitale pour les papillons.
Depuis 2001, une véritable mafia s’est organisée autour de l’exploitation illégale de la forêt. Des groupes armés déboisent la réserve des papillons. Par ailleurs, toutes les communautés locales n’ont pas approuvé le classement de la forêt au patrimoine mondial de l’UNESCO, permettant ainsi à cette mafia locale de s’installer.
La situation risque de devenir dramatique pour le monarque qui a besoin de ce site d’hivernage. Mais pour l’instant, les ONG locales sont impuissantes à protéger la forêt... (source : Tierramerica).
La déforestation menace directement les espèces animales qui perdent ainsi leur habitat. Mais la déforestation entraîne également dans son sillage chasse et braconnage. Les pistes ouvertes en forêt pour permettre l’exploitation du bois sont utilisées par les chasseurs et braconniers qui pénètrent plus facilement et plus profondément dans des zones qui étaient encore relativement épargnées. En Asie et en Afrique, le trafic de viande brousse menace de nombreuses espèces. (source : Bushmeat crisis task force).
Actuellement beaucoup de médicaments prescrits dans le monde occidental trouvent leur origine dans le règne végétal et 70% des plantes identifiées comme possédant des vertus anti-cancéreuses par le National Cancer Institute américain sont trouvées uniquement dans les forêts tropicales humides. Une des plus passionnants centres d’intérêt et de recherche dans les forêts tropicales est l’éthno-bothanique qui étudie comment les gens utilisent des plantes locales pour traiter les diverses maladies. Les peuples des forêts ont une incroyable connaissance des vertus médicinales de certaines plantes et ont découvert des remèdes pour des maladies allant de la morsure de serpent aux tumeurs. (source : Mongabay).
III l’écocertification, pourquoi faire ? (buts et labels disponibles en France)
Les garanties de l’écocertification sont-elles fiables ?
En France, nous rencontrons essentiellement deux labels, dont celui du FSC. FSC, ce sont les initiales pour Forest Stewardship Council, traduit en français par Conseil de bonne gestion forestière. Cet organisme se compose des représentants d’organisations de protection de l’environnement - Greenpeace, le WWF, certains groupes des Amis de la Terre - de défense des peuples indigènes, de forestiers et de revendeurs de produits en bois.
Pourquoi une écocertification ? En 2006, l’Union européenne a importé entre 26,5 et 31 millions de stères de bois et produits forestiers d’origine illégale. Au total, 23 % des produits forestiers importés d’Europe de l’Est, 40 % de ceux importés d’Asie du Sud-Est, 30 % de ceux d’Amérique latine et 36 % à 56 % de ceux d’Afrique proviennent de sources illégales ou suspectes.
La France occupe la sixième place des importateurs de bois et produits forestiers d’origine illégale en Europe. Les sources d’importation sont les suivantes : Chine ; Indonésie (1/3 des exportations illégales de pulpe à papier) mais aussi Afrique Centrale (un quart des exportations de bois de sources illégales ou suspectes du Congo et la moitié de celles du Gabon). (source : WWF Rapport « Illegal wood for the European market - An analysis of the EU import and export of illegal wood and related products », juillet 2008).
Pour lutter contre la déforestation et l’importation de bois illégal il est donc primordial de pouvoir certifier le bois. Le label FSC est le plus fiable aujourd’hui. Mais il n’est pas sans reproches et des progrès restent à faire. Il est malheureusement courant que des plantations d’arbres soient certifiées au détriment des véritables forêts. Parfois, tous les critères ne sont pas systématiquement respectés non plus. (Source : Trading in Credibility : The Myth and Reality of the Forest Stewardship Council – Rainforest Foundation).
IV L’exemple de la gestion de la forêt française
Le ministère de l’Agriculture publie régulièrement des indicateurs de gestion de la forêt française assez complets, établissant l’Inventaire Forestier National (IFN). La dernière édition date de 2005 et fournit une estimation précise de l’évolution de la surface forestière entre 1993 et 2003.
Qu’apprend-on dans ce document ?
Que la forêt proprement dite augmente d’environ 60.000 ha par an et atteint désormais 15,4 millions d’hectares soit 28,1% du territoire national. Que la forêt linéaire qu’est le bocage régresse d’environ 15.000 ha par an. Que les autres terres boisées au sens de la FAO (landes et maquis) régressent d’environ 19.000 ha par an.
Les forêts dites naturelles représentent 30.000 ha soit 0,2% des forêts françaises, ce qui est bien peu. Il s’agit seulement de forêts n’ayant pas été exploitées depuis au moins 50 ans.
Combien de forêts sont-elles strictement protégées en France ? 187.000 ha selon l’IFN soit 1,2% des forêts seulement ! Elles concernent les zones centrales des parcs nationaux, les réserves naturelles et les réserves biologiques intégrales ou dirigées situées en forêt publique.
Les plantations artificielles couvraient 1,9 million d’hectares soit 12,6% des forêts en 2004 contre 1,7 million d’hectares en 1989.
L’exemple du Morvan :
AVES France a acheté des parts au sein du Groupement Forestier pour la Sauvegarde des Feuillus du Morvan. Pourquoi ?
L’élimination programmée des forêts feuillues du Morvan, causée par des atteintes imposées depuis un demi siècle à ses paysages forestiers par des investisseurs sans visage, mais non sans moyens, provoque l’indignation des citoyens et des associations.
Déjà sacrifié pour alimenter Paris en bois de chauffage, le Morvan est à nouveau la cible d’un plan bois énergie pour la Bourgogne. La situation est très préoccupante car sans une véritable stratégie pour une mobilisation tenant compte des disponibilités, en amont des demandes d’approvisionnement des installations qui se multiplient, la forêt deviendra rapidement une usine à bois en plein coeur d’un Parc Naturel Régional. Et pourtant gérer une forêt et en retirer une plus-value sans recourir à une exploitation intensive par coupes à blanc et plantations artificielles c’est possible, comme le démontre le Groupement Forestier pour la Sauvegarde des Feuillus du Morvan propriétaire de 5 forêts grâce à des souscriptions d’amoureux de forêts mélangées et étagées.
La forêt ne doit pas être vidée de bois morts, de branchages après coupes, d’arbres vieillissants, domaine de nombreux insectes, les peuplements de résineux tous plantés et coupés en même temps sont une atteinte à la biodiversité.
Il faut savoir que l’exploitation forestière non raisonnée tend à faire diminuer la richesse biologique des forêts en privilégiant certaines essences et en uniformisant les habitats (comme dans la forêt de Tronçais par exemple). Les arbres âgés et le bois mort sont enlevés lors des coupes de régénération et des récoltes de bois. Or, ces arbres ont un rôle écologique majeur ! Le bois mort permet la vie de 1000 à 3000 espèces d’insectes. Aujourd’hui, ce sont 90 % des insectes qui se nourrissent du bois (insectes dits saproxyliques) qui sont menacés (les populations de ces insectes diminuent) du fait de la faible présence de bois mort en forêt. Les vieux arbres sont également vitaux car près de la moitié des oiseaux forestiers nichent dans leurs cavités (pics, chouettes.), mais également des mammifères comme les chauves-souris, les martres ou les écureuils.
Sources :
sites internet des Amis de la Terre, Greenpeace et WWF où sont disponibles les différents rapports cités, FAO.
Bulletins d’informations du World Rainforest Movement, revue L’Ecologiste.
Livres :
ces forêts qu’on assassine d’Emmanuelle Grundmann, Les mille et une forêts de Ludovic Frère, Plaidoyer pour l’arbre de Francis Hallé, La faim la bagnole le blé et nous de Fabrice Nicolino, Mandy Haggith : Paper Trails : from trees to trash, the true cost of paper, publié par Virgin Books en juillet 2008.
Rapports :
WWF : Failing the Forest Europe’s illegal timber trade
Les Amis de la Terre : Importer légalement en Europe du bois coupé illégalement au Cameroun
Friends of the Earth Netherlands : Policy, practice, pride and prejudice (Review of legal, environmental and social practices of oil palm plantation companies of the Wilmar Group in Sambas District, West Kalimantan (Indonesia)
Rainforest action Network : The truth behind Tasmanian forest destruction and the japanese paper industry.
Rainforest Foundation : Irrational numbers : why the FAO’s forest assesment are (2005)
FERN : derrière le label
Le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) et l’UNESCO : The last stand of orang-outang
UNEP : Environment Outlook in the Amazonia - GEO Amazonia (2008)
fr
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