AVES FRANCE Junior

Le Gypaète barbu

(Gypaetus barbatus)

lundi 13 juin 2011

Fiche descriptive sur le gypaète barbu (Gypaetus barbatus)

- Nom latin : Gypaetus barbatus
- Nom anglais : Bearded vulture
Dans certains ouvrages un peu anciens, il est également dénommé « Lammergeier », de plus, on le surnomme familièrement le « casseur d’os » et il est même parfois comparé au phénix, oiseau mythique...
- Famille des Accipitridés
- Taille :
100 à 115 cm, 245 à 275 cm d’envergure
- Poids : de 5 à 7 kg
- Longévité : 30 ans en moyenne

Répartition :
Le gypaète barbu occupe les hautes montagnes dans le sud de l’Europe, au Maroc, au Moyen orient. Il est également présent en Asie Centrale, en Afrique de l’Est, quelques couples signalés en Afrique du Sud.
En France, il avait disparu du massif alpin, mais un programme de réintroduction a été établi et est toujours en cours. Il niche encore en Corse (population toujours fragile) et dans les Pyrénées.

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Gypaète barbu
Gypaète barbu : Nuage né en 2005 à val d’isere (juvénile)
Photo : Erick - AVES FRANCE

Reproduction :
L’aire est installée dans de hautes falaises, dans des surplombs. Un couple a souvent plusieurs aires, jusqu’à 7 ou 8. Celles ci sont constituées de branches, d’herbes, de restes alimentaires et de laine de mouton. Les parades nuptiales débutent en octobre. La ponte a lieu entre décembre et mars (1 à 2 oeufs). Les adultes vont couver à tour de rôle durant 60 jours environ. Les jeunes restent au nid 4 mois environ. Lorsque les jeunes quittent le nid, ils débutent une vie d’errance qui durera quelques années avant qu’ils ne soient capables de se reproduire. Les couples sont généralement durables. On peut cependant observer, plus ou moins fréquemment, des trios (2 mâles et 1 femelle).
La superficie du domaine vital varie d’une zone géographique à l’autre. En Europe, on estime qu’il y a 2 à 3 couples pour 1000 km2.

Caractéristiques :
On ne peut confondre le gypaète barbu avec aucun autre rapace. Il est un des plus grands vautours européens. D’une taille impressionnante, le gypaète se distingue par une coloration
tirant sur le roux orangé pour la tête, le poitrail et les pattes (emplumées jusqu’aux doigts), alors que le dessus de la tête est gris foncé, et que le dos et les ailes vont du gris ardoise au brun foncé. Ces couleurs peuvent changer en fonction de la région, certains individus étant plus pâles que d’autres. La tête de cet oiseau est particulièrement saisissante : l’oeil est brun jaune, cerclé de rouge, le bec extrêmement crochu. Il tire son nom des touffes de plumes noires (les vibrisses) qui encadrent son bec et qui ressemblent à une barbiche. Les deux sexes sont de coloration identique.

En vol, sa silhouette est identifiable grâce à ses ailes pointues, et sa queue en forme de losange. Remarquable planeur, le gypaète est capable de voler à 8000 m d’altitude. Il passe 80% de son temps en vol.

Le gypaète se nourrit de charognes. Il passe généralement après les vautours et consomme principalement les os, dont il extirpe la moelle en les laissant tomber d’une très grande hauteur sur les rochers. Après le passage de différents prédateurs et charognards, une carcasse d’animal peut donc disparaître complètement ! Au sein de la chaîne écologique, le rôle de ce rapace est primordial.

Particularité :
Le gypaète colore son plumage en se baignant dans certaines sources ou en se frottant contre des roches qui contiennent de l’oxyde de fer.

Menaces :
Collisions avec les lignes à haute tension, et les câbles d’équipement des stations de ski, le tir (et oui, malgré son statut d’oiseau protégé !!), l’empoisonnement, et le dérangement causé par certaines activités dont l’escalade, le survol des falaises par des hélicos, la chasse photographique... En fait, et malheureusement, n’importe quelle activité est susceptible de les déranger, surtout à proximité des aires, le gypaète a besoin de calme et de solitude...

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Gypaète de Rosuel
Gypaète de Rosuel adulte, parent de Peiseyllon, né en 2005
Photo : Erick - AVES FRANCE

Statut :
Annexe II de la CITES, classé En Danger par la liste rouge des espèces menacées. Les effectifs hors Europe (166 couples dénombrés) ne sont pas connus faute de suivi et d’informations, mais ne sont guère élevés compte tenu des persécutions que le gypaète subit depuis des décennies. En France, en 2005, on comptabilisait 25 couples pyrénéens, 5 couples alpins, et 10 couples corses.

Associations :
La mission Rapaces de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, se consacre exclusivement aux rapaces. Outre des fonds, ils ont régulièrement besoin de bénévoles pour surveiller les nids. A l’origine de cette mission, se trouve le FIR, fondé par Michel et Jean-François TERRASSE.

Cette fiche ne constitue qu’une présentation sommaire de cet extraordinaire oiseau. Nous vous conseillons de vous procurer l’excellente monographie de Jean-François TERRASSE publiée aux éditions Delachaux & Niestlé. J’ai eu la chance de rencontrer à plusieurs reprises les frères Terrasse lorsque j’étais adhérente du Fonds d’Intervention pour les Rapaces et à l’occasion de manifestations ou autres événements. Bien qu’ils ne soient pas les seuls à œuvrer pour ces animaux, ils ont été les inlassables défenseurs d’une catégorie d’oiseaux mal-aimés et inconnus du grand public. Pendant des années le FIR à permis de faire connaître les rapaces (et de faire évoluer les mentalités) et de renforcer leur protection. Le gypaète barbu lui, est encore en sursis...


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