Le bocage, qu’est-ce que c’est ?
Le bocage est un paysage rural caractérisé par des champs clos par des alignements d’arbres et arbustes, des talus ou des murs de pierres. C’est un système dit semi-naturel car il a été formé, entretenu et maintenu par l’homme pour son usage.
Le bocage est donc caractérisé par la présence de l’un ou de plusieurs de ces éléments : le fossé, la levée de terre et/ou de pierres (talus), la haie. Nous nous intéresserons évidemment aux alignements d’arbres et d’arbustes qui jouent un grand rôle dans le maintien de la biodiversité à la campagne.

A quoi sert la haie ?
Pour l’agriculture : on augmente le rendement des cultures par l’effet brise-vent, les feuilles favorisent l’apport de matière organique, les sols sont mieux maintenus sur les pente, les animaux sont protégés des intempéries et du soleil.
En effet, la haie limite l’érosion des sols, retient l’eau dans les cultures, et protège les habitations et les cultures contre le vent. Une haie riche en biodiversité assure aussi un bon équilibre entre les différentes plantes et animaux, et limite ainsi la prolifération d’espèces et de maladies qui peuvent nuire aux cultures.
Pendant très longtemps, la haie fut considérée comme un élément très utile : elle permettait de limiter les propriétés et de constituer une clôture naturelle pour le bétail, de fournir du bois de chauffage, de produire des fruits et d’apporter du fourrage en fin d’été pour les animaux d’élevage.

Puis la haie a été jugée encombrante, et son entretien considéré comme une corvée. Depuis les années 1960, ce sont ainsi plus de 600 000 km de haies qui ont été arrachés en France !
Animaux et végétaux des haies :
Le lapin de garenne , la fouine, la belette, l’écureuil, le hérisson, la perdrix rouge, la grive musicienne, le merle noir ou encore la tourterelle des bois, des batraciens, lézards, vipères, orvets, couleuvres, le hérisson, la bergeronnette, le campagnol, l’escargot, le mulot… Tout ce petit monde vit dans la haie. Mais des animaux bien plus gros, comme le renard, le sanglier, le chevreuil fréquentent également ce milieu.

La floraison successive des diverses plantes attire les insectes butineurs (papillons, abeilles, bourdons…). D’autres invertébrés se nourrissent des feuilles ou des tiges, tandis que d’autres encore, prédateurs, consomment les premiers ! Un exemple : la nuit, les chauves-souris capturent, en vol, les insectes nocturnes autour des haies.

La microfaune attire de nombreux animaux insectivores qui bénéficieront du couvert végétal abondant pour installer leur nid. De la même manière, la fructification étalée des plantes herbacées, des arbres et des arbustes, permet aux multiples animaux granivores et frugivores de vivre dans la haie.
Savez-vous qu’on peut compter une centaine d’espèces d’oiseaux dans le bocage !
De quoi se compose une haie ?
Pommier, néflier, aubépine, cornouiller mâle, sureau noir, troène, prunellier, églantier, houx, lierre, ronce commune, viorne, noyer, groseiller, érable, saule blanc, charme, érable champêtre, chataignier…
Un particulier qui souhaite aménager une haie sauvage dans son jardin pourra choisir des essences plus petites : églantier, cassis, bourdaine, chevrefeuille, cornouiller, cognassier, laurier tin, laurier sauce, lilas, mirobolan, pêchers de vigne, noisetier, arbousier, sorbier des oiseleurs, buddléia (arbre à papillons), guignier, fusain, forsythia, ceanothe, lavatère, weigela, arbre aux faisans...

Il suffit de bien respecter les périodes de plantation.
Il est nécessaire de couvrir le sol durant les premières années de la plantation afin de protéger les jeunes plants de la concurrence exercée par les végétaux herbacés. Utilisez en priorité des matériaux biodégradables : : paille, écorces, copeaux de bois, feutre végétal… La plantation s’effectue entre le 15 novembre et le 15 mars, en dehors des périodes de gel et de fortes pluies. Accordez la préférence aux plants « forestiers », plutôt jeunes et d’une taille de 40 à 90 cm, vendus en racine nue. Lorsque vous achetez des plants et que vous n’avez pas la possibilité de les planter le jour même, il faut couvrir les racines de terre pour éviter leur dessèchement. Après la plantation, il est conseillé de procéder à un arrosage.

Comment entretenir une haie ?
On ne doit pas tailler les haies dans la période du 1er avril au 1er septembre qui est la période de reproduction des oiseaux. Certaines espèces, mais pas seulement les oiseaux, sont cavernicoles et recherchent les cavités pour se reproduire ou se réfugier (pic, genette, fouine, chauve-souris, chouette chevêche...). Il faut conserver des arbres morts et des têtards (c’est un arbre auquel on a coupé le tronc ou les branches maîtresses à un niveau plus ou moins élevé pour provoquer le développement de rejets - repousses végétales - périodiquement coupés aux mêmes points de coupe). Les branches mortes constituent des postes de chant et d’affût (tourterelle des bois, faucon crécerelle, buse, chouette effraie...). La haie doit fournir un volume végétal suffisamment développé pour assurer abris et nourriture pour la faune. Il est également nécessaire de maintenir une largeur de 2 à 3 mètres minimum, comprenant la haie et ce qu’on appelle la « banquette herbeuse », et de conserver au minimum 50% de haies hautes qui vont composer des strates arbustive et arborescente et fournir ainsi des sites de nidification et de réserve alimentaire pour les oiseaux. Les barrières végétales massacrées et d’à peine 1 mètre de haut que l’on voit un peu partout dans la campagne (chez moi en tout cas, dans le sud Nivernais) n’ont de « haies » que le nom... Changeons cela !


Quelques ouvrages pour compléter vos connaissances :
Les haies rurales de Fabien Lagre ; Planter des haies de Dominique Soltner ; Arbres des champs de Philippe Pointereau et Didier Bazile ; Arbres et biodiversité de Philippe Pointeareau et Isabelle Meiffrein
fr
Dossiers pédagogiques
Protection de la forêt
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